CRAAG : impossible qu’une réplique soit plus forte que la secousse principale

L’épicentre ayant été localisé à 4 km au nord-ouest de la ville de Hammam Melouane, dans la wilaya de Blida, et « cette localité se trouve au sud de la bordure de la Mitidja, classée zone 3, comme tout le nord du pays », rappelle Mohamed Hamdache, chercheur au CRAAG. L’activité sismique de cette région ne date pas d’aujourd’hui, puisque cette zone a souvent été secouée par des tremblements de terre importants, la ville de Blida ayant d’ailleurs été détruite à maintes reprises.

« De nombreuses répliques ont depuis été enregistrées, dont une à 7h10, dont la magnitude a atteinte 3,3 sur l’échelle de Richter, à 7h55 de 2,4, ou encore une autre à 9h43 d’une magnitude de 2,5 », énumère-t-il. Mais rien ne sert de paniquer puisqu’il est « scientifiquement impossible qu’une réplique soit plus forte que la secousse principale », rassure le CRAAG. « Le plus gros de l’énergie emmagasinée dans la croûte terrestre est dégagé lors de la première secousse », explique-t-on.

Ce tremblement de terre est ainsi une manifestation de l’activité sismique continue et « ordinaire » du nord de l’Algérie. « est toujours enregistré la même moyenne mensuelle de secousses telluriques de magnitudes plus ou moins importantes, ce qui équivaut à 80 tremblements de terre par mois », explique le chercheur. « D’ailleurs, depuis les derniers séismes de Médéa, Djelfa et de Béjaïa, qui ont été ressentis par la population et avaient provoqué quelques dégâts matériels, de nombreuses secousses de plus de 3 ont eu lieu à Aïn Témouchent, Tablat, Béjaïa ou encore à Batna », poursuit-il.

Les ondes du séisme de cette nuit ont été ressenties dans tout l’Algérois ainsi que dans certaines wilayas du centre du pays. « la secousse a été ressentie et avec autant de force, c’est que les citoyens étaient majoritairement au repos, que l’environnement était calme de par l’absence d’activités sociales», commente M. Hamdache. Le CRAAG le dit et le répète d’ailleurs : il est impossible de prévoir la survenue d’un séisme. « présence humaine sur Terre est insignifiante comparativement aux activités géologiques qui façonnent l’écorce terrestre depuis des millions d’années. De ce fait, nous ne disposons pas d’assez de données afin d’établir un modèle mathématique capable de nous aider à prévoir un tremblement de terre », explique le scientifique. « De même, une ou deux secousses ne sont pas les signes avant-coureurs d’un séisme majeur », conclut-il. Raison pour laquelle la réduction de l’aléa sismique ne peut passer que par la prévention, avec des constructions et des infrastructures qui répondent aux normes antisismiques, mais aussi une sensibilisation quant aux comportements et réactions à adopter lors de la survenue d’un séisme afin d’éviter les mouvements de panique.

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